En 2017, Komé Bakary a fait détruire la résidence de Dame Touré Hélène, avant de revendre le terrain à 50 millions.
“L’Éléphant Déchaîné ” a déjà révélé que les documents utilisés par Komé Bakary pour revendiquer ce terrain et sur la base desquels il a obtenu une décision de justice avaient été délivrés suivant des manœuvres frauduleuses. C’est pour cela qu’il a été inculpé pour “faux et usage de faux” à la suite d’une enquête de la gendarmerie nationale (Brigade de recherches).
Dans sa parution du 10 au 16 mars, le confrère ” Allo Police” a publié un article adossé à une interview de Komé Bakary.
A la lecture de cette interview, “L’Éléphant ” est tombé de sa chaise.
Komé Bakary y affirme au sujet du cas Touré Hélène, qu’il ne l’a connaît pas: ” Concernant la nommée Touré Hélène, je ne la connais pas non plus et je ne l’ai jamais rencontrée”. Avant d’ajouter qu’il ne connaît que N’Goran Léon qui se trouve être le vrai propriétaire du terrain que Komé Bakary a vendu, alors que ce terrain avait été cédé à dame Touré Hélène. Au sujet des documents avec lesquels il a revendiqué le terrain, Komé Bakary, affirme dans l’interview qu’ils sont authentiques:
“Ils m’ont convoqué au 7e arrondissement d’Adjame et après vérifications, les policiers ont dit que mes documents sont authentiques.”
Cette affirmation est totalement fausse, parce que les policiers n’ont jamais fait d’investigation sur ces documents.
Seule la gendarmerie a fait des vérifications à la suite desquelles elle a conclu que les documents de Komé Bakary sont des “faux”, ce qui a permis de l’inculper quelques mois plus tard pour “faux et usage de faux”.
Mais cette inculpation a été levée quelques années plus tard à la suite d’une ordonnance de non-lieu prise par le juge du 6e cabinet d’instruction du tribunal de première instance de Plateau.
Komé Bakary explique dans l’interview qu’il a obtenu ce non-lieu à la suite d’une correspondance que le ministère de la Construction aurait adressée au juge d’instruction aux fins de l’informer que ses documents, jugés comme des faux par la gendarmerie, étaient plutôt authentiques.
Au soutien de cette affirmation, Komé Bakary a remis au confrère “Allo Police” un document dénommé “Soit Transmis” de ladite correspondance. Le confrère a publié les deux documents (voir capture). Sur le “Soit Transmis” daté du 10 juillet 2012 qui porte en-tête du ministère de la construction, on peut lire en objet:
“Veuillez recevoir la réponse à votre demande de vérification relative à l’authentification de la lettre 990513/MLU/SDU du 1er juin 1999 au profit de M. Kome Bakary sur les lots 3413 et 3414 Îlot 2014 d’Abobo-Baoulé 2e extension.”
Dans la correspondance interne présumée adressée par le DDU au Directeur du guichet unique à la date du 23 avril 2012, il est écrit :
“J’ai l’honneur de vous faire connaître que selon nos archives domaniales et la base de données consultées, la Lettre 990513/MLU/SDU du 1er juin 1999 sur lesdits est authentique”.
Ainsi donc, c’est ce document Transmis par le ministère de la Construction au juge d’instruction, qui aurait permis à Komé Bakary, d’obtenir le non-lieu.
Comment le ministère a-t-il pu écrire le 23 avril 2012 que la Lettre d’attribution de Komé Bakary était authentique alors même que le 21 décembre 2011, la gendarmerie, après s’être rendue dans les locaux du ministère de la Construction dans le cadre de son enquête, a produit le rapport dont le contenu suit:
“Pour élucider ce litige, nous avons d’une part, adressé une réquisition numéro 108/2 du 22 décembre 2011 au directeur des affaires juridiques et du contentieux du ministère de la Construction à l’effet de nous éclairer sur l’authenticité des documents détenus par Komé Bakary.
Le résultat de cette réquisition nous dit clairement qu’à la date du 1er juin 1999 aucune lettre d’attribution n’a été inscrite sous le numéro 990513/MLU/SDU.
Sous ce numéro d’enregistrement il a été inscrit plutôt une lettre portant retrait du lot Numéro 1366, îlot 141 du lotissement des Deux-Plateaux à M. Edmond Basque du 1er mai. Dès lors, les actes posés ou documents obtenus par M. Komé Bakary à partir de cette lettre d’attribution découlent du faux.” Écrit la gendarmerie.
Mais les enquêteurs ne se sont pas arrêtés au ministère de la Construction. Ils se sont rendus également à Abobo-Baoulé, consulter le guide. “D’autre part, nous nous sommes rendus le 24 janvier 2012 à la communauté villageoise d’Abobo-Baoulé pour consulter le guide.
Le résultat de cette consultation donnée par la secrétaire du chef du village nous dit que le lot 3413 appartient à Aka Ettien Luc Olivier depuis le 24 juillet 2006 et le lot 3414 à Yapo Yapi depuis le 30 mai 2006.”
Convoqué et Interrogé par les enqueteurs, Komé Bakary, n’a pu ni produire aucune explication sur sa fausse lettre d’attribution inexistante dans les archives du ministère de la Construction, ni produire la moindre attestation villageoise d’attribution à son nom, sur les deux lots. Ce qui a permis aux gendarmes de conclure:
“Les faits ci-dessus relatés sont constitutifs de faux et usage de faux dans des documents administratifs”. Le rapport de la gendarmerie à été transmis au juge d’instruction fin janvier 2012.
Comment donc, après avoir démontré en décembre 2011 à la gendarmerie suivant réquisition que la Lettre d’attribution de Komé Bakary était fausse, le même ministère de la Construction a pu écrire au juge d’instruction 4 mois plus tard, pour dire l’exact contraire de ce qu’il avait affirmé à la gendarmerie ?
En réalité, le ministère n’a jamais écrit cette lettre remise à “Allo Police ” par Komé Bakary, elle est fausse et antidatée.
La preuve en est que par arrêté signé du ministre de la Construction, Sanogo Mamadou, l’arrêté de Concession Provisoire (ACP), obtenu par Komé Bakary, sur la base de sa fausse Lettre d’attribution, a été annulé. Pourtant, cet “ACP” annulé le 4 avril 2013 a permis à Komé Bakary d’obtenir, à l’insu de ses victimes dont dame Touré Hélène, une décision de justice en 2016 avec laquelle il a rasé la maison de cette dernière.
Dans l’interview, Komé Bakary affirme qu’il a obtenu un non-lieu du juge d’instruction en oubliant de préciser que ce non-lieu a été cassé par le président de la Chambre d’accusation et qu’il reste inculpé pour faux et usage de faux dans l’affaire qui l’oppose à Dame Touré Hélène.
En effet, le 29 juillet 2015, le juge d’instruction, sous le prétexte que Komé Bakary n’est pas responsable de la délivrance à son bénéfice de l’ACP sur la base d’une fausse Lettre d’attribution, a pris une ordonnance de non-lieu.
Sauf qu’en agissant ainsi, selon le président de la Chambre d’Accusation, le juge d’instruction a méconnu les règles de délivrance des documents de propriété en matière foncière.
Après avoir cassé l’ordonnance de non-lieu, le président de la Chambre d’Accusation a ordonné une expertise immobilière pour déterminer définitivement à qui appartient le lot 3413.
Quelques mois plus tard, l’expert immobilier a conclu que le terrain n’appartient pas à Komé Bakary dont le nom n’apparait ni au ministère de la Construction ni dans le guide du village. En plus, son ACP obtenu sur la base d’une Lettre d’attribution inexistante au ministère de la construction, à été annulé par arrêté du ministre de la Construction.
Sur la base de ce rapport et sur ordre du Président de la Chambre d’Accusation, l’instruction du dossier a repris au 6e cabinet et Komé Bakary a été définitivement inculpé pour faux et usage de faux.
Dame Touré Hélène attend l’ouverture du procès devant le tribunal correctionnel.
Komé Bakary a donc menti et produit encore de faux documents au confrère “Allo Police “.
Dans l’interview, sans rire Komé Bakary menace: “Tous mes documents sont authentiques. Donc je ne sais pas pourquoi les gens me font des diffamations. Un groupe mafieu voulait m’arracher mon terrain et comme cela n’a pas marché, il m’a livré à la vindicte populaire (…) je ne compte pas laisser mon image ternie sans réagir et chacun répondra de ses actes.”
D’effroi, devant cette menace, “L’Éléphant” tremble, depuis.






