Quand un peuple perd foi en ses institutions, la République vacille et la loi de la rue s’impose.
Depuis que l’affaire de Djorogobite-2 a éclaté, les bureaux de “L’Éléphant Déchaîné” sont envahis par des centaines de victimes expropriées issues de tout le pays. Les journalistes sont submergés.
Depuis ce matin, des journalistes de “L’Éléphant Déchaîné” enquêtent en déplacement au centre du pays sur un dossier impliquant un ministre de la République, tandis que d’autres explorent des affaires touchant des membres du système judiciaire, à Abidjan.
Ce mardi, au cabinet à la mairie de Tiassalé, j’ai reçu des victimes d’un village de Bingerville, confrontées au même Traoré Gnounvié dans une affaire rocambolesque où la justice s’est dite incompétente en première instance.
D’autres victimes sont arrivées de Yamoussoukro et de Songon.
Tout cela m’inspire un profond sentiment d’inquiétude : les Ivoiriens commencent à perdre confiance en leurs institutions, et surtout en leur système judiciaire.
En réalité, derrière une victime d’injustice qui s’exprime publiquement, se cachent neuf victimes qui ont soit abandonné, soit tout perdu soit ont peur de crier leur détresse.
Nous avons atteint un tel niveau de dégradation morale, d’insouciance professionnelle, et d’absence totale de patriotisme que mon angoisse grandit, au fil des dossiers que nous recevons, pour l’ensemble des Ivoiriens.
Attention à la perte totale de confiance dans les Institutions et à l’avènement de la justice de la Rue.
Le foncier est une bombe sociale avec laquelle nous jouons…
Assale Tiémoko Antoine
DÉPUTÉ DE LA NATION.






